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L'hymne à la joie de Pippo Delbono - Le Figaro
Mercoledì 09 Ottobre 2019 10:02

 
l’hymne à la joie de Pippo Delbono par Brigitte Salino
Lunedì 07 Ottobre 2019 06:32

 

LE MONDE

CULTURE SCÈNES

Théâtre : l’hymne à la joie de Pippo Delbono

L’auteur et metteur en scène italien présente « La Gioia », au Théâtre du Rond-Point à Paris.

Par Brigitte Salino




« La Gioia », de et mis en scène par Pippo Delbono, au Théâtre du Rond-Point, Paris

Quand Pippo Delbono vient à Paris, il nous donne des nouvelles. Ses spectacles sont comme des lettres ouvertes dans lesquelles il se livre, entouré de ceux qu’il aime et qui l’accompagnent souvent depuis des années. La vie n’a pas été tendre pour beaucoup d’entre eux, jetés sur des trottoirs par des parcours chaotiques, ou écartés parce qu’ils n’étaient pas dans la norme. Pippo Delbono les prend tels qu’ils sont, car il est tel qu’il est : un homme qui sait ce que vaut un regard, une parole, un geste ; le miroir d’une humanité chancelante qui n’a pas peur de dire qu’elle a peur, qu’elle est triste ou malade, mais qui toujours cherche la lumière.

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Cette lumière, on la trouve, irradiante de beauté et magni que de tendresse, dans La Gioia (La Joie), le premier spectacle de Pippo Delbono après la mort de Bobo, à 82 ans, l’hiver dernier. Bobo, pour ceux qui l’ont vu en scène, est inoubliable : un acteur né, qui ne savait ni lire, ni écrire, ni parler. Un prodige de présence, qui comprenait tout et surtout chacun. Assis dans la salle en face de lui, vous aviez le sentiment qu’il ne s’adressait qu’à vous, et vous disait droit dans les yeux ce qui se murmure à l’oreille. Et puis, Bobo était une star, un cabot céleste aimant les saluts, qu’il a pratiqués autour du monde, pendant les vingt-deux ans où il a accompagné Pippo Delbono.


« La Gioia » commence avec des fleurs sur une tombe, et s’achève avec des fleurs en liesse et en lianes

Leur histoire avait commencé en 1996 dans un asile psychiatrique près de Naples, où Bobo (Vincenzo Cannavacciuolo à l’état civil) vivait depuis trente-cinq ans. Microcéphale, il était destiné « à rester un enfant », selon les médecins. Il fut pour Pippo Delbono un frère de cœur, un allié sur scène et hors du théâtre. Sa voix avait des accents d’oiseau. On l’entend dans La Gioia, et avec elle c’est la vie qui chante son adieu et sa renaissance. Car tout s’enlace, sur le plateau du Théâtre du Rond-Point à Paris où La Gioia commence avec des eurs sur une tombe, et s’achève avec des eurs en liesse et en lianes, tombant des cintres vers le sol.

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Entre les deux, mamma mia !, on voit et on entend une sarabande d’images, de tableaux vivants, de danses et de chants qui ressemblent à la vie quand, éclatante, elle renaît de trous noirs. Pippo Delbono est là, parmi ses onze compagnons et compagnes. En jean et chemise blanche, des feuilles à la main, il orchestre La Gioia dont il est le récitant. Sa voix a des accents à la Carmelo Bene, elle nous parle d’enfance, de folie, d’innocence, de douleurs et de rêves. Bouddha y côtoie Pirandello et Sophie Calle, certains souvenirs passent comme des voiles d’automne, d’autres ont des habits de lumière, tous s’assemblent dans l’instant du théâtre.

 


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