MENU'
Home Page
Home Notizie
Notizie
L'évangile de rage de Delbono à Vidy
Sabato 16 Gennaio 2016 00:29
Le réalisateur et metteur en scène Pippo Delbono. [DR]

Le réalisateur et metteur en scène Pippo Delbono. [DR]

«Quelques jours avant sa mort, ma mère, fervente catholique, m'a dit: "Pippo, pourquoi ne ferais-tu pas un spectacle sur l'Évangile?"» Voici le point de départ d'un projet étonnant et bruyant, "Vangelo", à voir jusqu'au 16 janvier 2016 au Théâtre Vidy-Lausanne. Le cinéaste, metteur en scène et comédien italien Pippo Delbono y brasse toute sa fureur, pour en finir avec la foi catholique et ses carcans.

Dérangeante et bancale, une proposition qui a ébranlé notre chroniqueur Pierre Lepori.

http://www.rts.ch/espace-2/programmes/matinales/7377133-les-matinales-d-espace-2-du-15-01-2016.html           audio


 
L’Evangile selon Pippo Delbono, une fresque baroque et pétrie d’humanité
Venerdì 15 Gennaio 2016 00:13

24 heure

L’Evangile selon Pippo Delbono, une fresque baroque et pétrie d’humanité

ScèneA Vidy, le metteur en scène italien et révolté convie le public à une messe laïque aussi foutraque que sincère. Critique

Fidèle à une formule éprouvée sur les plus grandes scènes européennes (comme sur grand écran), Pippo Delbono, artiste instinctif et engagé, a élaboré une grand-messe visuelle et sonore qui mélange théâtre, danse, vidéo et musique (sacrée ou de variété).

Fidèle à une formule éprouvée sur les plus grandes scènes européennes (comme sur grand écran), Pippo Delbono, artiste instinctif et engagé, a élaboré une grand-messe visuelle et sonore qui mélange théâtre, danse, vidéo et musique (sacrée ou de variété). Image: DR


Vangelo, fresque de la réconciliation filiale et christique, touche par son humilité. Par la sincérité avec laquelle le metteur en scène Pippo Delbono, à Vidy jusqu’à samedi soir, répond à la sollicitation d’une mère mourante et très croyante: créer «un spectacle sur l’Evangile», offrir «un message d’amour» en cette période trouble.

De l’Evangile, il ne reste plus que le titre. Le trublion italien convoque Pasolini ou Saint-Augustin, Led Zeppelin et toute une iconographie religieuse ou populaire qu’il confronte à ses souvenirs et aux tragédies contemporaines. En première place, la vague d’immigration qui déchire l’Europe.

Fidèle à une formule éprouvée sur les plus grandes scènes européennes (comme sur grand écran), l’artiste instinctif et engagé a élaboré une grand-messe visuelle et sonore qui mélange théâtre, danse, vidéo et musique (sacrée ou de variété). Il brasse les thèmes pour nourrir une quête impétueuse autour de son absence de foi.

Révolte

Durant un peu moins de deux heures, Pippo Delbono cherche à dégager la figure d’un Christ auquel il pourrait adhérer, celle d’un Christ qui parlerait «de liberté, d’amour, de joie, de légèreté, de musique…», loin de la morale et des dogmes catholiques.

Micro à la main, le metteur en scène se révolte. Il hurle, chante, danse. Il dirige, surtout, la douzaine de comédiens – une vraie famille composée de professionnels et de laissés-pour-compte (un vieillard rencontré dans un asile psychiatrique, un jeune handicapé…) – qui incarnent scéniquement ses images mentales et illustrent ses obsessions.

Entre abstraction chorégraphique et symbolisme théâtral, la scène et la salle deviennent l’espace de jeu où se construit ce monologue introspectif. Spasmodique.

Le spectacle agace et fascine à la fois. L’empilement foutraque de citations et d’allégories trouble sa compréhension. Il y a des longueurs. Mais la franchise avec laquelle Delbono a imaginé sa fantaisie lyrique lui permet d’éviter l’écueil du narcissisme. Ou celui de la provocation facile. Son extravagance comme sa fragilité vont droit aux tripes.


Lausanne, Théâtre de Vidy
Vendredi et samedi (20 h)
Rés.: 021 619 45 45

 
La religion sans la désolation
Giovedì 14 Gennaio 2016 09:56
Le Temps
La religion sans la désolation

 

 

Marie-Pierre Genecand
Publié mercredi 13 janvier 2016 à 15:52, modifié mercredi 13 janvier 2016 à 15:56.

Scène

La religion sans la désolation

A Vidy-Lausanne, Pippo Delbono donne sa vision des Evangiles dans «Vangelo». Un bain de vie et d’amour format XXL qui a beaucoup séduit.

Un public debout, qui applaudit et remercie. Mardi, le Théâtre Vidy-Lausanne a pris des allures de grand-messe de la réconciliation, voire de la consolation. Le jour-même, un attentat à la bombe avait secoué le cœur historique d’Istanbul tuant des touristes allemands, curieux de l’Orient. Plus que jamais, le monde saigne et Pippo Delbono, fidèle à sa foi dans l’humain qu’il place bien au-dessus des dogmes et des lois, orchestre une vision des évangiles plébiscitant l’amour libre et la joie. Il faut aimer les grands mouvements pour suivre ce prédicateur peace and love. Aimer la musique à fond, les déclarations fracassantes et les séquences émotions. Démago, «Vangelo»? Disons que l’artiste italien se souvient que son pays figure parmi les inventeurs du péplum. Il ne craint ni les tripes, ni le pathos XXL et il a raison. Son théâtre ultracharismatique fait du bien.

Pippo Delbono et sa bande. Depuis les années nonante, le metteur en scène italien se démarque par cette démarche insolite, avoir intégré dans sa troupe des personnalités hors norme et attachantes rencontrées dans des hôpitaux psychiatriques. Des figures dont il dit qu’ils ont sur scène la force des samouraï. En tête, Bobo, sourd, muet et microcéphale, 81 ans aujourd’hui et toujours cette allure de lutin lunaire, mage malin qui a l’air d’en savoir plus sur l’humain que tous les cerveaux réunis. Plusieurs fois, dans Vangelo, le petit monsieur amène ce mélange de fragilité et de lucidité amusée. On le regarde, il nous captive. Mais il n’est pas le seul. Torse à l’air, veste à paillettes, un jeune homme trisomique fait aussi son effet lorsqu’il joue le cador sur un tube d’Alan Sorrenti. Au centre du plateau, touche surréaliste supplémentaire, un Jésus Christ, cheveux long et Ray-Ban, dit son amour à «l’unica donna» pour lui. J.-C. en latin lover, l’image fait très Monthy Python. Souvent, d’ailleurs, cet Evangile selon Pippo Delbono regarde du côté de la fantaisie. Ce tableau hippie, par exemple, où le même comédien handicapé est cette fois déguisé en bébé et, assis au centre d’un lit à barreau, regarde défiler un cortège de jupes longues et de vestes colorées qui célèbrent l’amour libre, déculpabilisé.

Car, oui, Pippo Delbono a bien voulu respecter la dernière volonté de sa maman, celle qu’elle a chuchotée sur son lit de mort. Il a bien voulu réaliser «un spectacle sur les Evangiles pour transmettre un message d’amour». Mais le metteur en scène ne fait pas l’ange. Homosexuel dans un pays qui reste très traditionnel, Delbono ne cesse de dynamiter dans ce spectacle toutes les acceptions punitives, souffrantes et bornées de la religion. Tantôt en riant, comme dans cette séquence où il campe un Lucifer déchaîné alors que Bobo a le violon endiablé. Tantôt sur le mode doloroso, lorsqu’un interprète longiligne, ce grand barbu au torse atrophié, est crucifié devant ses bourreaux. L’action se déroule sur l’air final de «Don Giovanni», de Mozart. Pourquoi cette évocation du séducteur se consumant au feu de ses péchés? Peut-être pour rappeler que notre société a la fâcheuse habitude de cacher et/ou de condamner toutes les personnes qui ne sont pas conformes, pas alignées. Douleur encore, lorsqu’un immigré afghan, assis dans le public, se lève et raconte sa traversée clandestine en bateau avec la peur de passer à l’eau. Il dit les morts aussi, salue la mémoire de son meilleur ami. Une trouée de réel qui provient du travail documentaire que Delbono a effectué pour trouver les traces de l’Evangile dans la réalité.

On le voit, la fresque créée à Zaghreb avec une dizaine de comédiens croates et italiens est ample, ambitieuse, débordante. Au micro, souvent le long des travées, Pippo Delbono convoque des textes puissants, inspirés, de Pasolini et de Saint-Augustin, notamment, des poèmes qui pleurent le manque d’amour pour son prochain. Lui-même égrène des souvenirs, la piété maternelle, la tristesse des églises, monuments froids et figés qu’il compare à certains théâtres-musées où il a joué. Son credo? La vie. Chaotique, surprenante, indocile. Mue par le désir plus que par le devoir, fraternelle, rebelle. La vie et l’amour. Sous toutes ses formes. «Quand je t’aime, j’aime l’étreinte de l’homme intérieur», dit le poème, sur un Lied de Schubert. Se détachant sur un carré de lumière, deux danseurs s’enlacent avec fougue, comme dans «Café Müller». Pippo Delbono a travaillé avec Pina Bausch. On voit aussi la trace de son intensité dans ce chant d’amour à l’humanité.

Vangelo, jusqu’au 16 janvier, à Vidy-Lausanne, 021 619 45 45, www.vidy.ch

 
La memoria fragile dell’amore
Mercoledì 30 Dicembre 2015 16:45

La memoria fragile dell’amore

Teatro. «Vangelo» è il nuovo lavoro di Delbono, una lettura contemporanea che suona come un urlo di libertà. Dopo l’anteprima a Zagabria debutterà in Italia a Roma il prossimo gennaio

 

Chi si trovi a girare per la parte alta della città, a Zagabria, può imbattersi casualmente in un singolare museo. Sta nascosto dietro un’insegna appena visibile, sulla porta di strada. Si chiama «Museo delle relazioni infrante». L’idea di chi l’ha concepito è stata di raccogliere ciò che resta dopo la fine di una storia sentimentale, non le parole ma le cose. Povere cose, spesso imbarazzanti (la memoria è fragile, i rifiuti restano per sempre, ammoniva già Constanza Macras pensando proprio alla fine di un amore). Ed ecco che a sorpresa quell’idea prende imprevista concretezza su una scena. Un attore comincia a tirar fuori da un sacchetto una serie di oggetti che va enumerando mentre li lascia cadere a terra: il suo libro preferito, l’ultimo regalo di compleanno, l’ultima sigaretta fumata insieme… Sarà questa la chiave segreta dello spettacolo?


Siamo qui, nella cattolicissima capitale croata, per assistere alla prima uscita pubblica della nuova creazione di Pippo Delbono. Vangelo. Titolo impegnativo ma che trova subito spiegazione nel prologo parlato che, com’è ormai abitudine dell’artista, introduce lo spettacolo, lasciando allo spettatore il tempo di entrare all’interno del «racconto», dentro la sua logica extra-quotidiana. Qualche giorno prima di morire, la madre Margherita, fervente cattolica, gli aveva detto: Pippo fai qualcosa sul Vangelo, in modo da dare un messaggio d’amore, ne abbiamo tanto bisogno di questi tempi. E la memoria corre inevitabilmente al finale di Orchidee, lo spettacolo di due stagioni fa; all’immagine filmata fissa sulle dita ossute della madre morente che la mano del figlio accarezzava.


L’amore «cosi fragile» che sollecita Delbono nasce però da un gesto di ribellione. Contro i preti della sua giovinezza, con la loro paura del sesso, della felicità, della libertà; contro le loro chiese con i crocifissi che lo guardavano dall’alto facendolo sentire un peccatore. Le chiese che ancora l’opprimono con quei muri che ora si innalzano per bloccare altre persone che scappano.

E ne darà anche concreta evidenza con la parete di fondo che più volte si muove in avanti e si ritrae, in una sorta di moto ondoso che diventa simbolo e realtà concreta di una dimensione escludente. Sympathy for the devil, cantano i Rolling Stones mentre lui irrompe in scena facendo il diavoletto davanti ai dodici attori che hanno preso posto sul palco, immobili su una fila di poltroncine quasi a riprodurre in una congelata versione «borghese» l’iconografia dell’Ultima cena leonardesca. Ma li vedremo poi abbigliati in costumi anni Settanta, un po’ «hippies», che richiamano anche autobiograficamente un momento di liberazione, impegnati in una trascinante danza collettiva sulle note di Jesus Christ Superstar (il film di Norman Jewison è del 1973).

30VISSINapertura3IMG_7809 (1)


Opera contemporanea, definisce Delbono questa nuova impresa che si appoggia alle musiche composte da Enzo Avitabile ma non rinuncia, come si è visto, alla contaminazione con altre galassie musicali, da Alan Sorrenti alle Catholic girls di Frank Zappa, secondo un procedimento compositivo proprio del teatro di Delbono che è musicale (e danzato) prima ancora che verbale — e forse con qualche turbamento di un’orchestra di formazione «classica» per queste intromissioni.

È in realtà un’operazione complessa, quella prodotta da Emilia Romagna Teatro insieme a una pluralità di partner europei di peso. Il debutto nazionale si avrà a Roma, teatro Argentina, a metà gennaio del prossimo anno, con una versione «in prosa», priva cioè dell’orchestra e del coro nuovamente presenti nella versione «lirica» che andrà in scena al Comunale di Bologna a fine febbraio. Ci saranno invece, a Roma, almeno una parte delle attrici croate che a Zagabria hanno innervato la compagnia di Delbono. E qualcuna del resto, come l’esuberante Nina Violic dalla capigliatura fiammeggiante, sembra già perfettamente a suo agio in una «performatività» assai lontana dalla «tradizione» del teatro di casa.


Il Teatro nazionale croato di Zagabria ha sede in un imponente edificio ottocentesco che troneggia isolato su tutti i lati al centro della piazza intitolata al Maresciallo Tito, nella città bassa. All’interno, la sala a ferro di cavallo tutta rosso-e-oro, circondata da due balconate su cui staccano in rilievo statue femminili abbastanza discinte (sarà qualche musa?), non sembra grande in rapporto all’imponenza del complesso. Ma come tutti i grandi teatri della Mitteleuropa (qui l’influsso viennese è evidente), anche questo è una «fabbrica» che prevede una miriade di sale di prova, uffici, la mensa interna, gli spazi per tre compagnie stabili (prosa, opera e balletto) che lavorano pressoché a ciclo continuo. Con tutti i vincoli organizzativi e «sindacali» che si possono immaginare e che qualche attrito devono aver provocato di fronte alla creatività anarchica dell’artista ligure (la direzione artistica di Dubravka Vrgoc sta però aprendo le porte alla contemporaneità, si era proposta qui l’anno scorso anche Angelica Liddell con le conturbanti visioni del suo You are my destiny).


Che a Zagabria lo spett
acolo sia ancora cucito con lo spago grosso, poco importa. La presenza dell’artefice al suo interno è forte, a tratti persino ingombrante, per coprire i passaggi ancora irrisolti. Va su e giù dalla platea. Urla la sua ribellione, anche ai riti del teatro. S’improvvisa violinista mentre sullo schermo di fondo le immagini danno evidenza fisica alla malattia che da qualche tempo gli fa vedere tutto doppio, sicché non distingue più il bello dal brutto, il santo dal colpevole — in un altro momento vedremo un gruppo di giovani africani immobili in una piantagione di mais, silenziosa immagine evangelica che non ha bisogno di parole.

Uno spettacolo ci vuole sempre molto tempo per finirlo, ha detto altre volte Delbono. Ma è un momento necessario, questo primo contatto con un pubblico, proprio per misurarne i punti di forza e le debolezze, perché da solo acquisti il giusto ritmo. Con l’emozione di partecipare a qualcosa di nascente.


Il Vangelo secondo Delbono non si sottrae al confronto con la parola evangelica, pur se di un Vangelo apocrifo si tratta, dove Pasolini s’incontra con Sant’Agostino. C’è il passo della lapidazione dell’adultera… Quello che dice:«non date le vostre perle ai porci…». Il discorso della montagna… Ponzio Pilato che chiede di scegliere fra Gesù e Barabba… La notte nell’orto del Getsemani… È un Vangelo che coniuga l’amore con la libertà e lì trova la sua libertà: solo la verità rende liberi, dice. Se questo Cristo ce l’avessero raccontato così… è la provvisoria conclusione.

 
Delbono Vangelo Contemporaneo
Venerdì 18 Dicembre 2015 13:10

 
L'evangile selon Pippo delbono
Giovedì 17 Dicembre 2015 00:42

Opéra: l’Evangile selon Pippo Delbono

La Libre Belgique - Guy Duplat, à Zagreb Publié le lundi 14 décembre 2015 à 18h15 - Mis à jour le mardi 15 décembre 2015 à 11h31

Musique / Festivals

A la veille des fêtes, c’était comme si tout Zagreb était dans les rues. Le temps exceptionnellement doux, l’absence de neige et le ciel bleu, aidaient bien sûr à ce que les habitants envahissent les rues commerçantes et les dizaines de restos en plein air, à peine chauffés. Zagreb est une très belle capitale, trop méconnue avec le "bas de la ville" commerçant, à l’architecture austro-hongroise et le "haut", escarpé, aux ruelles pleines de charme, avec leurs magnifiques églises baroques.

Capitale de la Croatie, elle a un riche passé culturel. Même sous Tito, Zagreb accueillait l’avant-garde. On se souvient ici d’y avoir vu Pasolini. Ces dernières années, le théâtre contemporain y a fait son apparition dans des lieux marginaux, mais depuis un an, il arrive au sein de la grande institution de Zagreb, forteresse jusque-là d’un certain conservatisme : le théâtre national croate.

Renouveau

On reste stupéfait de découvrir son bâtiment, énorme, construit en 1895 par des architectes viennois dans ce qui n’était alors qu’une petite ville de l’Empire.

Il y a un an une nouvelle directrice a été nommée, Dubravka Vrgoc, bien décidée à convaincre le public de s’ouvrir à des formes plus contemporaines.

La preuve de ce renouveau est là, ce 11 décembre, avec la première de l’opéra de Pippo Delbono, sur l’Evangile ("Vangelo" ou "Evandelsje" en croate). Pour cette grande production avec orchestre et chœur, elle s’est alliée avec le Théâtre Vidy-Lausanne dirigé par Vincent Baudriller, l’ancien directeur du Festival d’Avignon, avec le théâtre de Bologne et le Théâtre de Liège. Celui-ci présentera cet opéra-théâtre début 2017, à l’ORW.

Un opéra par Pippo Delbono est évidemment "secouant" pour un public traditionnel. Le metteur en scène italien devenu également réalisateur de cinéma, parle avec ses tripes, casse les récits habituels, met en valeur les déclassés du monde et la grandeur des éclopés. Il multiplie les questions plutôt que les réponses. Il préfère les doutes plus que les certitudes. Il n’a pas peur de mêler le mélo et le rire, le dérisoire et la beauté, la tendresse et le hurlement. Il ne craint pas d’apparaître brouillon pour mieux faire passer l’émotion crue.

L’autre pan de la sagesse

Pippo Delbono a grandi dans un monde catholique, de prêtres, d’encens, de processions. Devenu agnostique, il reste fasciné par "Jésus, un anarchiste qui a réussi". Et sa mère lui a demandé à sa mort de "parler, dans un spectacle, de l’Evangile comme cela, tu pourras délivrer un message d’amour".

Pour en parler, Pippo Delbono s’est plongé dans le monde des réfugiés et y a trouvé une joie paradoxale. L’Histoire l’a d’ailleurs rattrapé car pendant les répétitions au théâtre de Zagreb, avec une majorité d’acteurs croates, il y eut ces flux ininterrompus de réfugiés syriens qui ont traversé le pays.

De tout cela, Pippo Delbono a fait un spectacle encore en devenir. La musique est une composition originale d’Enzo Avitabile, comme une musique de film jouée par l’orchestre et chantée par un très bon chœur. Mais Pippo Delbono adore "casser" les choses pour nous les faire découvrir autrement. Il s’écrie en pleine musique, clame son amour de la liberté. Ou il vient entrecouper cette musique par des airs disco ou des lieder de Schubert. Un théâtre traversé par la folie quand elle est l’autre pan de la sagesse.

Son histoire personnelle

Au début, on voit la "Dernière Cène" sous forme de douze acteurs en tenues de soirée, comme chez Pina Bausch. Puis, il mêle à un récit des Evangiles son histoire personnelle : la femme lapidée, le sida, la mort. Il y ajoute ses films parfois pris au smartphone avec une belle séquence de réfugiés africains immobiles dans un champ de maïs ou la mer, la nuit, sous un phare tandis qu’une voix raconte le périple des réfugiés.

Pippo Delbono est omniprésent sur scène. Trop. Il devra épurer, se faire plus discret. Il n’a pas pu encore répéter autant qu’espéré. Le spectacle généreux et bouillonnant à son image, devra donc fortement se resserrer pour sa venue en janvier au Vidy-Lausanne dans une version sans orchestre, et pour venir à l’ORW début 2017 à l’invitation du Théâtre de Liège.

Sur le même sujet :

Pippo Delbono: "Douleur et joie vont ensemble

 
<< Inizio < Prec. 1 2 3 Succ. > Fine >>

Pagina 3 di 3
Copyright © 2000-2011 Compagnia Pippo Delbono-tutti i diritti riservati :: Webmaster: Flaweb